Depuis que le sucre est arrivé en Europe, il n'a cessé d'alimenter la langue française. Si le sucre est aujourd’hui un produit courant, il possède de multiples connotations qui font de lui un mot riche de sens. Petit tour d'horizon des bons mots sucrés.
Le sucre : un aliment inspirant
A l’origine, le sucre était un condiment de luxe, produit dans les colonies, comme le café ou le cacao. Devant le succès de son goût, on a découvert comment extraire ce précieux nectar de la betterave. Dès lors, le sucre s’est peu à peu démocratisé et a investi les cuisines de France.
Le sucre a donc toujours été un sujet d’éloges. Anthelme Brillat-Savarin, médecin et gastronome du 18ème siècle, bien connu pour avoir déclaré « Dis moi ce que tu manges, je te dirai qui tu es » fait partie des inconditionnels du sucre. Ainsi, il n’a pas hésité à affirmer : « Le sucre. On peut dire qu’il est le condiment universel, et qu’il ne gâte rien. ».
Le bonheur est dans le sucre
Le sucre a dépassé le simple statut d’aliment goûteux. Pour beaucoup il est tout simplement synonyme de bonheur. Et ce sont des poètes qui le disent !
Ainsi, le célèbre Paul Eluard dit: « Le bonheur est un seul bouquet : confus léger fondant sucré. ». Devant la tâche ardue qu’est la définition de la notion de bonheur, le poète s’inspire de l’air du temps, réussissant à mettre les bons mots sur ses sentiments.
Pour Robert Sabatier, romancier et membre de l’académie Goncourt, « le rire sucre les larmes ». Le verbe sucrer dépasse ici son sens premier, car il ne veut plus simplement dire ajouter du sucre mais devient synonyme d’adoucir. Remanié, le sens de sucrer gagne en intensité !
La syntaxe se sucre aussi…
Non content d’inspirer des phrases de bon goût, le sucre a aussi sa place dans le langage informatique ! C’est récemment que l’informaticien anglais Peter J. Landin a inventé l’expression sucre syntaxique pour désigner les extensions qui rendent plus facile à lire et à écrire un langage de programmation informatique.
Cette expression s’oppose au sel syntaxique, qui est son exact inverse : ce sont les fonctionnalités conçues pour rendre plus difficile l'écriture de programmes erronés. En informatique, il est donc courant de sucrer ou désucrer du code, même si cela reste bien sûr complètement virtuel !
Et en ce qui concerne le réel, c’est l’icône des pâtissiers Pierre Hermé qui résume le mieux la situation lorsqu’il dit : "Le salé nous nourrit, le sucré nous réjouit" !
